Detroit Michigan Background. Rusty manho

DÉTROIT : RÊVE OU CAUCHEMAR ?

31 mars 2021

En janvier 2021, Isabelle Gilbert, une amie elle-même créatrice d'une oasis (l'Oasis des sentes) est venue nous rendre visite.

En nous promenant dans Bessèges, en découvrant les fresques du Musée Intercommunal d'Art Ouvert et Urbain (M.I.A.O.U.), en m'écoutant lui parler de Khalid le pâtissier boxeur, de Sophie la formatrice en communication non violente, de la coopérative alimentaire en train de se monter, Isabelle m'a dit : "En fait Bessèges, c'est un peu le Détroit cévenol". Détroit a connu une heure de gloire industrielle grâce à l'automobile ; Bessèges ça a été les mines et la metallurgie. Détroit a connu les affres du déclin économique avec la chute de son industrie ; Bessèges aussi. Détroit a vu arriver et émerger des artistes et des acteurs d'un renouveau social, économique et écologique ; Bessèges voit son tissu associatif se réveiller, se renouveler, se réinventer.

Cette petite phrase m'est restée en tête depuis. Aujourd'hui, j'ai regardé un documentaire d'Arte "USA : Detroit, la renaissance" de 2018 et le documentaire "Un hectare à Détroit" du DIY manifesto tourné en 2014. Après avoir visionné ces deux documentaires, je me suis posée la question : ai-je envie de me dire que Bessèges est un mini Détroit, avec son centre-ville aux mains de millionnaires et sa gentrification croissante ? Mais Détroit ce sont aussi ces activistes, ces expérimentateurs, ces artistes, cette mixité et cette effervescence. Et là, oui j'en rêve pour Bessèges. Alors je m'accroche aux derniers mots du journaliste du reportage d'Arte "Détroit (...) contient tous les avenirs possibles, tout peut y arriver, le pire comme le meilleur. C'est un laboratoire (...) un terrain de lutte (...) qui invente d'autres résistances."